
On ne comprend plus à quoi sert la DSI.” Cette phrase, je l’ai entendue — mot pour mot — dans un comité exécutif d’un groupe industriel. Pourtant, l’équipe IT tenait la boutique, assurait la paie, pilotait les flux, maintenait les outils. Mais elle avait disparu des radars stratégiques.
Ce n’était pas un problème de compétence. Ni de charge de travail. C’était un problème de valeur perçue. Et ce phénomène, je le rencontre dans une mission sur deux.
La DSI est souvent vue comme un centre de support, un poids budgétaire, un frein à l’innovation. On la contourne. On l’évite. Et l’IT devient un champ de tensions, au lieu d’être un moteur de performance.
Voici comment, en mission de transition, je redonne à la DSI sa légitimité stratégique — en trois étapes simples, visibles, efficaces.
Reconnecter la DSI aux enjeux métiers
Premier chantier : changer le langage. Je demande à chaque responsable IT de me décrire son rôle non pas en termes d’outils, mais en termes d’impact métier.
– “J’assure la continuité des ventes en ligne.”
– “Je sécurise les données de nos clients B2B.”
– “Je permets aux techniciens terrain de gagner 30 minutes par jour.”
Ce travail de reformulation est puissant. Il permet d’aligner la DSI sur les objectifs business. Et surtout, de le faire entendre.
Je crée ensuite un tableau de bord des contributions IT, présenté au COMEX tous les mois. Pas un mille-feuille technique. Une page claire, avec trois colonnes :
– Enjeux business
– Indicateurs IT associés
– Avancement
Très vite, la direction reprend conscience : “L’IT est partout.” Et elle le voit.
Réinstaller une capacité d’initiative
Une DSI qui ne propose plus, qui ne pilote plus, qui subit… n’existe plus. Je crée donc un “Plan IT 90 jours”, structuré autour de 3 à 5 initiatives visibles, utiles, impactantes.
Exemples vus en mission :
– Rétablir un portail support lisible en 15 jours
– Lancer une démarche de rationalisation des outils bureautiques
– Reprendre la main sur la gestion des accès critiques
– Proposer un atelier “IA & métiers” pour les managers
Ce plan est public, partagé, piloté. Il montre que la DSI n’attend plus qu’on lui demande. Elle agit. Elle impulse.
Et très vite, les métiers reviennent : “On peut le faire ensemble ?”
C’est le retour du dialogue. Et de la confiance.
Installer une gouvernance qui donne de la visibilité
Enfin, je travaille sur la structure de pilotage. Une DSI ne peut créer de la valeur que si elle est visible, lisible, écoutée. Je mets en place un comité digital (ou SI, ou performance numérique), avec trois fonctions clés :
– Partager : où en est l’IT, quelles sont ses priorités
– Arbitrer : quels projets lancer, stopper, prioriser
– Valoriser : quels résultats obtenus, pour qui, avec quels impacts
Ce comité devient le lieu d’alignement. Et il permet à la DSI de sortir de l’ombre.
En mission, je forme aussi les équipes à mieux pitcher leurs projets : en une slide, en langage métier, avec une promesse claire. Ce travail, trop souvent négligé, change radicalement la posture de la DSI.
En 100 jours, avec ces trois leviers — langage métier, plan d’initiative, gouvernance active — la DSI retrouve sa légitimité. Pas en demandant plus de budget. Mais en montrant qu’elle crée de la valeur.
Un DSI de transition n’est pas là pour sauver un système.
Il est là pour relancer une dynamique. Et redonner à l’IT sa juste place dans la stratégie.
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