
“L’IA ? On a peur que ça remplace les gens.”
“On en parle beaucoup, mais personne ne sait vraiment s’en servir.”
“Je ne suis pas assez technique pour m’y intéresser.”
Ces phrases, je les entends encore dans bien des comités de direction. Et c’est normal : l’IA générative a été propulsée dans le débat stratégique avant même qu’on ait pu en comprendre les usages réels.
Mais en tant que DSI de transition, mon rôle n’est pas de vendre de la techno. Mon rôle est de traduire les opportunités de l’IA en gains clairs pour la gouvernance. Pas pour les développeurs. Pas pour les data scientists. Pour les dirigeants.
Voici comment j’utilise concrètement l’IA générative en mission, au service du DAF, du DG, des comités exécutifs — avec 3 cas d’usage réels, simples, efficaces.
Cas d’usage n°1 : Comprendre un SI complexe en 48h
Sur une mission récente, je suis arrivé dans une entreprise multi-sites, multi-outils, avec un historique d’intégrations en cascade. Le plan d’urbanisation était obsolète. La documentation dispersée. Et les interlocuteurs clés… partis depuis longtemps.
Objectif de la direction : “Comprendre où on en est, avant de lancer quoi que ce soit.”
J’ai utilisé un assistant IA (branché sur mes documents d’audit, mes exports de schémas applicatifs, quelques descriptions de flux). En 48 heures, j’ai généré une cartographie commentée du SI, avec :
– une synthèse des outils par métier
– une analyse des points critiques
– une projection de scénarios d’évolution
Ce document, relu et ajusté par mes soins, a servi de base de dialogue avec la DG. Il a permis de gagner 3 semaines sur le cadrage. Et d’éviter un audit externe coûteux.
Cas d’usage n°2 : Préparer un comité stratégique avec une vue consolidée
Un DAF me demande : “Je dois présenter l’état du SI au prochain COMEX. Est-ce que vous pouvez m’aider à structurer quelque chose de lisible ?”
J’agrège les tickets d’incidents, les KPI de services, les risques cyber recensés, les points bloquants projets. Je les fais digérer par une IA générative, avec un prompt adapté :
“Présente-moi un état des lieux du SI en 5 bullet points, à destination de dirigeants non techniques, avec des propositions d’action à 30 jours.”
Résultat : un support clair, rédigé en langage COMEX, avec une hiérarchisation intelligente des priorités. Validé en 15 minutes.
L’IA n’a pas “pensé” à notre place. Mais elle a structuré la complexité. Elle a fait ce qu’un bon bras droit fait : préparer, clarifier, accélérer la décision.
Cas d’usage n°3 : Challenger un plan de transformation SI
Sur un plan de refonte ERP, un intégrateur nous propose un plan sur 24 mois, 7 vagues, 3 phases.
Je veux un regard externe rapide. Je décris le contexte, les objectifs, les contraintes dans un document. Je demande à une IA générative :
“Quels sont les risques de ce plan ? Quels oublis classiques dans ce type de déploiement ? Quelles questions devrais-je poser au prestataire ?”
L’IA me sort 10 points de vigilance. Je garde 4 d’entre eux. Je les reformule. Je les pose au prestataire. Résultat : le discours s’affine. Le plan est révisé. Le COMEX reprend la main.
L’IA n’a pas “démasqué” une arnaque. Mais elle m’a permis de jouer mon rôle de DSI avec une acuité renforcée.
Ce que l’IA générative change pour un DAF ou un DG
Ce n’est pas un robot. Ce n’est pas un remplaçant. C’est un assistant de gouvernance. Un accélérateur de clarté.
Voici ce que je dis aux COMEX qui me sollicitent :
– Vous ne devez pas savoir coder pour utiliser l’IA
– Vous devez savoir poser des questions
– Vous devez savoir juger la cohérence des réponses
– Et surtout, vous devez accepter de challenger vos réflexes
Je mets en place en mission des ateliers “IA & direction” de 2h, où l’on travaille sur :
– un plan de com interne rédigé par IA
– une évaluation de risque SI assistée
– un benchmark rapide d’outils ou de partenaires
Et à chaque fois, les retours sont les mêmes :
“C’est bluffant… à condition de garder le pilotage humain.”
Les résultats que j’obtiens en mission grâce à l’IA
En moins de 100 jours, l’intégration d’outils IA bien choisis permet :
– De produire des supports de décision 2 à 3 fois plus vite
– D’identifier des angles morts stratégiques que personne n’avait formulés
– De valoriser le rôle du DAF et du DG dans la gouvernance numérique
– De redonner de la puissance à la DSI, en lui offrant un rôle de “conseiller augmenté”
Et surtout, de créer un nouveau réflexe collectif : ne plus perdre 3 semaines là où une heure d’IA bien pilotée donne déjà 80 % du livrable.
Un DSI de transition n’est pas un évangéliste techno.
Il est un pragmatique, qui utilise les bons outils pour créer plus vite de la valeur.
En savoir plus sur GDL T&C
Subscribe to get the latest posts sent to your email.