
Question :
Ton parcours est atypique, presque impossible à enfermer dans une case. Comment te présentes-tu aujourd’hui ?
Réponse :
Je me présente rarement par un titre unique, parce qu’il serait forcément réducteur. Je suis manager de transition DSI, auteur, éditeur, musicien, et animateur de communautés. Ce qui peut sembler fragmenté vu de l’extérieur est en réalité très cohérent. Dans tous les cas, je travaille sur des structures : des systèmes informatiques, des organisations humaines, des récits, des œuvres… et des espaces de débat. Je prends quelque chose d’existant, parfois désorganisé, et je le mène vers plus de clarté et de cohérence.
Question :
Tu as été directeur de collection chez Sybex. Quel rôle cela a-t-il joué dans ta trajectoire ?
Réponse :
Être directeur de collection, c’est apprendre à décider. Définir une ligne, faire des choix, dire non, accompagner des auteurs, assumer une vision éditoriale. Pendant trois ans chez Sybex, j’ai appris la responsabilité : celle de ce que l’on publie, de ce que l’on transmet. Cette exigence m’a suivi partout ailleurs, que ce soit dans l’écriture, la musique ou le management.
Question :
Tu es aussi auteur de vingt livres, dont trois romans, avec plus de 45 000 ventes. Qu’est-ce que cela t’a appris ?
Réponse :
L’écriture apprend la discipline et l’endurance. Vingt livres, ce n’est pas une posture, c’est du travail. Le fait que certains se vendent encore aujourd’hui montre qu’une œuvre peut durer quand elle est sincère et structurée. J’ai appris qu’une idée n’a de valeur que lorsqu’elle est menée à terme, comprise et transmise.
Question :
En parallèle, tu as développé une activité musicale très prolifique.
Réponse :
Oui, j’ai publié onze albums, près de 190 titres, avec environ 20 000 écoutes sur les six derniers mois. La musique est une autre forme de narration. Produire un album, c’est penser une cohérence globale, un rythme, une identité. Comme dans un programme de transformation IT, il faut une vision, de la méthode et de l’exigence. La musique m’a appris l’écoute, le tempo, et le silence — des qualités essentielles aussi dans le management.
Question :
Ton cœur de métier reste pourtant le management de transition DSI.
Réponse :
Absolument. Depuis douze ans, j’ai mené vingt-cinq missions de management de transition. J’interviens quand les organisations doivent changer vite, souvent sous tension. Mon rôle n’est pas de commenter, mais d’agir : structurer, décider, livrer. Je suis là pour produire des résultats, pas des discours.
Question :
Tu animes aussi plusieurs communautés très actives sur les réseaux sociaux. Pourquoi ?
Réponse :
Parce que le débat ne peut pas rester confiné aux cercles professionnels. J’anime notamment le groupe I Love Nice, qui rassemble environ 3 000 personnes autour de la vie locale, de la ville, de son identité, de ses atouts et de ses fragilités. C’est un espace de discussion, d’attachement au territoire, de regard concret sur le quotidien.
J’anime également le groupe Stop à la dictature verte, qui compte près de 9 000 membres. Ce groupe n’est pas un espace de slogans, mais un lieu de débat critique sur certaines dérives idéologiques, réglementaires ou technocratiques, et leurs impacts très réels sur les citoyens, les entreprises et les territoires. Là encore, il s’agit de structurer la parole, pas de l’exciter.
Question :
Quel lien fais-tu entre animation de communautés et management ?
Réponse :
Le lien est direct. Une communauté, comme une organisation, a besoin de règles, de clarté, de modération et de sens. Animer un groupe de plusieurs milliers de personnes, c’est gérer des tensions, des opinions divergentes, des dynamiques collectives. Cela m’a beaucoup appris sur l’écoute, la régulation et la responsabilité de la parole publique.
Question :
Qu’est-ce qui te distingue d’un profil plus “classique” ?
Réponse :
Probablement le fait que je produis. Quand on publie un livre, un album, ou qu’on mène une mission de transformation, il n’y a pas d’alibi. Soit c’est livré, soit ça n’existe pas. Cette exigence traverse tout mon parcours. Je travaille avec le réel, pas avec des concepts hors-sol.
Question :
Quel est le fil conducteur de tout cela ?
Réponse :
Transformer. Transformer des systèmes informatiques, des organisations, des idées, des récits, et parfois des espaces de débat. De l’architecture IT aux architectures narratives et sociales, je construis des structures qui tiennent dans le temps.
Question :
Comment définirais-tu ton positionnement aujourd’hui ?
Réponse :
Indépendant par création, structurant par fonction. Je construis des systèmes le jour, des récits et des sons la nuit. J’ai un pied dans la technique, l’autre dans l’imaginaire, et les deux solidement ancrés dans le réel et les territoires.
Question :
Un mot pour conclure ?
Réponse :
Je ne commente pas le monde. Je fabrique ce qui doit exister, je structure ce qui déborde, et je m’assure que cela fonctionne.
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